Relecture de l’article : Fin des voitures essence: aux États membres de confirmer

Dans le cadre de notre fonction d’information, nous publions ci-dessous un article vu sur internet aujourd’hui. Le sujet est «l’automobile».

Son titre saisissant (Fin des voitures essence: aux États membres de confirmer) résume tout l’encart.

Sachez que l’auteur (présenté sous le nom d’anonymat
) est connu et fiable.

Ce texte peut donc être pris au sérieux.

La date de publication est 2022-06-10 10:11:00.

L’article en question :

«Je ne sais pas si cela s’avèrera si difficile que cela», espère l’eurodéputée luxembourgeoise
Tilly Metz
(Les Verts/ALE/déi Gréng). Après
l’adoption «historique» mercredi 8 juin par le Parlement européen
du texte actant l’interdiction de la vente de voitures à combustion après 2035, subsiste une étape essentielle: convaincre les États membres de l’UE. Car il ne s’agissait mercredi que de valider le mandat de négociation du Parlement, qui doit entamer les discussions en trilogue, avec le Conseil et la Commission.

Or, si certains pays, comme la Belgique, les Pays-Bas ou la Norvège, sont convaincus et voulaient même accélérer la sortie des moteurs thermiques, d’autres sont plus réticents, notamment ceux où l’industrie automobile traditionnelle est très implantée et où de nombreux emplois sont menacés.

En Europe, il s’agirait de 501.000 emplois qui devraient devenir obsolètes d’ici 2040, selon une étude de PwC Strategy commandée par l’association européenne des fournisseurs automobiles (Clepa) et publiée en décembre 2021. Et, si 226.000 nouveaux emplois sont attendus dans l’industrie automobile électrique, cela entrainerait tout de même une perte nette de 275.000 emplois d’ici 2040, selon le rapport. Sans compter que les transferts de travailleurs de l’un à l’autre ne se feront pas de manière automatique, les compétences requises n’étant pas nécessairement les mêmes.

L’Allemagne en faveur, la France pas une «menace»

Parmi les pays les plus impactés par cette transition, on trouve en premier lieu l’Allemagne, bien sûr, avec 151.000 employés concernés, l’Italie (74.000 employés), l’Espagne (72.000), la Roumanie (56.000), la Pologne (55.000), la République tchèque (41.000) puis la France (28.000).

Mais un vent d’optimisme souffle à Bruxelles après l’adoption du texte. «Je ne sais pas s’il y aura une telle résistance», veut croire la députée européenne Tilly Metz. De nombreuses grandes entreprises de l’industrie automobile, comme Ford ou Mercedes, ont déjà annoncé leur volonté d’opérer un tournant drastique vers l’électrique, argue-t-elle. Et même le nouveau gouvernement allemand, dont le pays est pourtant de loin le premier producteur de voitures en Europe, a déclaré, après plusieurs revirements, soutenir l’échéance de 2035.

Du côté de la France, le gouvernement s’est montré par le passé plus réticent: il se positionnait pour une échéance à 2040 et le Président Emmanuel Macron soutenait le maintien des véhicules hybrides. Mais, là aussi, la députée européenne se veut optimiste: «Les Français de Renew, donc ceux du parti politique Renaissance [le parti d’Emmanuel Macron, ndlr], ont voté avec une très grande majorité en faveur de l’arrêt du moteur à combustion pour 2035», explique-t-elle. «Je ne vois dès lors pas la France comme une très grande menace».

Amendement «Ferrari»

L’Italie, quant à elle, s’inquiétait surtout pour ses marques de luxe comme Ferrari, Lamborghini ou Maserati. Mais elle trouvera peut-être satisfaction avec l’étrange amendement 122, voté mercredi, déjà surnommé «amendement Ferrari». Celui-ci insère une dérogation pour les entreprises produisant des voitures en quantité plus limitée: s’ils doivent respecter l’échéance de 2035, ils ne sont pas soumis aux objectifs intermédiaires (-55% pour les voitures et -50% pour les camionnettes d’ici 2030). «Cela me choque énormément», commente Tilly Metz. «Sont évidemment visées des marques comme Bentley ou Ferrari. Et c’est caricatural: c’est permettre aux plus riches de continuer à polluer encore davantage.»

Reste à voir quelles seront les positions des autres pays, comme la République tchèque, qui s’était par le passé déclarée sans ambiguïté contre un tel tournant. «Pour d’autres pays, il reste des points d’interrogation», admet la députée européenne. «Mais le poids de l’Allemagne et de la France est quand même assez important.» Leur soutien devrait donc peser dans les négociations.

Le PPE résigné

Même le PPE, farouchement opposé à une telle mesure, semble résigné. Dans un tweet publié après le vote mercredi, il commentait ainsi: «Malheureusement, de nombreux gouvernements, et en particulier le gouvernement allemand, semblent aussi vouloir emprunter cette mauvaise direction. L’interdiction en 2035 des véhicules à combustion interne aura probablement lieu, malheureusement».

Le parti conservateur, majoritaire dans l’hémicycle, semble d’ailleurs bien isolé sur les questions environnementales, subissant deux revers majeurs dans la journée de mercredi, l’un en tentant d’abaisser les ambitions de la réforme des échanges de quotas d’émissions – le texte a finalement été rejeté –, l’autre en s’opposant à l’interdiction des voitures à combustion – finalement adopté.

Les négociations avec les États membres devraient tout de même prendre plusieurs mois. La réglementation ne sera donc pas adoptée avant l’été. Mais la députée européenne Tilly Metz garde bon espoir que cela pourra se faire avant la fin de l’année.

Bibliographie :

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